Lettre aux copaines

Le dernier dimanche du mois je raconte où j'en suis dans l'écriture du roman en cours, les voyages de recherche et les transitions de vie. Comme si vous étiez des copaines. Base actuelle : Athènes.

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Par Mélie Boltz Nasr
1 avr. · 5 mn à lire
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Lettre IX : écrire outre-genre

Aujourd'hui la newsletter reprend et synthétise les pratiques d'écriture que j'ai adopté cette dernière année pour refléter ma non binarité. Elle n'est pas exhaustive, d'ailleurs j'aime toujours avoir des retours et d'autres idées. Je parle aussi du mot "impuissant", de mes lectures du mois, en plus de quelques nouvelles.

Kalimera les copaines,

Nous voilà déjà au dernier weekend du mois. Dans cette lettre je vais en quelque sorte prolonger les présentations, cette fois pour discuter de comment je m’amuse avec la langue française pour refléter mes sensations en tant que personne non-binaire. Tout cela est personnel, je suis preneur de retours d’autres personnes concernées sur leurs propres pratiques.

Je rajoute aussi un rubrique avec un mot du mois qui me tracasse.

Ah, et aussi : les deux premiers ateliers d’écriture ont été de supers moments de partage, merci à celleux qui sont venu·es. Pour les ateliers d’avril, rendez-vous sur ce lien pour plus d’infos et vous inscrire.

Je ne parle pas de la Grèce en tant que telle cette fois ci. En quelques mots : la météo a pris un virage certain vers le printemps, je continue des découvertes de nouvelles personnes, quelques day-trips vers les îles les plus proches, et déjà trois baignades - fraiches - dans la mer.

Y’allah, fini l’intro, time for the rest.

Genre dégenræ

Depuis plusieurs année j’utilise le mot non-binaire pour parler de mon genre. Comme beaucoup de personnes trans - la non binarité est abrité sous le joli parapluie trans - j’ai su très tôt que je ne comprenais pas mon genre comme on l’attendait de moi. J’ai opté pour la route garçon manqué tant que j’ai pu. Puis à l’arrivée de la puberté j’ai pris la décision de “devenir une fille”. À ce moment précis je me suis dit deux chose : que j’allais me faire taper si je continuais à faire le petit mec, et que si 50% de la population mondiale parvenait à être “des filles” heureuses, j’allais bien y parvenir moi aussi.

J’avais 11 ans. La performance avait commencé. J’ai vécu avec ce mélange de gène et d’oubli, gène de ne pas être “une vraie fille”, oublie de ce que j’étais. Je ne saurai pas dire exactement comment je suis sorti de la performance. Mais aujourd’hui je n’ai pas de problème à dire que le genre est un costume que je ne comprends pas. Comme un vêtement de travail.

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